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Faire des enfants demain

Date de mise en ligne : 11 avril 2015

La science auscultée.

La science est-elle encore au service de l’Homme ?


Modification du génome humain, conception d’enfants à partir de deux gamètes males, production en quantité industrielle d’embryons humain, généralisation du tri des enfants sur des critères de performance et de santé... De quelle société voulons-nous ? Que signifiera la filiation pour les prochaines générations ? « Père » de la première naissance par fivete en France, le biologiste Jacques Testant brosse un tableau complet des avancées scientifiques en matière de reproduction.

Avec beaucoup de pédagogie, il rend accessible même au profane des notions aussi complexes que le génome ou la reprogrammation cellulaire et nous plonge dans le monde, aussi passionnant qu’inquiétant, des laboratoires où la réflexion éthique est la grande absente. L’auteur pose de justes questions sur la Science toute-puissante, esquisse quelques réponses mais sans toutefois toucher du doigt l’enjeu véritable de ces manipulations.

Car la dignité humaine ne se voit pas à travers un microscope.

Adélaïde Pouchol
In L’Homme nouveau n°1564 du 12 Avril 2014
Jacques Testart, Faire des enfants demain,
Éd. du Seuil, 214 p., Mars 2014

Trente-cinq ans après le premier « bébé-éprouvette », près de 3 % des enfants sont conçus avec l’aide de la biomédecine dans les pays industrialisés. Qu’en sera-t-il dans les décennies à venir ? S’il ne s’agit, selon la loi actuelle, que d’aider les couples stériles, l’assistance médicale à la procréation a désormais atteint ses buts avec l’optimisation des actes biologiques et médicaux. Mais la technique, sous couvert de médecine de pointe, cherche toujours à agrandir son territoire et à régenter nos vies, même lorsque la nécessité ne s’impose pas… Aussi, puisqu’aujourd’hui la régulation bioéthique fait l’objet d’une permissivité croissante, la question se pose de savoir jusqu’où ira la médicalisation de la procréation, et comment la société pourra en maîtriser les dérives sociétales et eugéniques. Devrons-nous aller jusqu’à compter sur la décroissance économique pour, mieux que les lois de bioéthique, imposer des limites à la démesure technoscientifique ?