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XIXe Journée Jean-Claude Dreyfus - Cellules souches : différenciation et plasticité

Date de mise en ligne : 6 janvier 2007

Cette journée a eu lieu le vendredi 13 septembre 2002, à la Faculté de Médecine Cochin Port-Royal, sous la direction de Axel Kahn Compte-rendu par le Docteur Henri Lafont, auteur de "La bioéthique, la biologie et l’avenir de l’homme", président de l’Association des médecins pour le respect de la vie.

Une longue journée où les 16 intervenants, français pour la plupart, responsables de programmes de recherche, ont permis à l’auditoire, jeune et nombreux (salle comble), de faire le tour d’une question d’une actualité brûlante tant par les espoirs qu’elle suscite que par la perspective d’un prochain débat parlementaire.

En introduction, Axel Kahn évoque la "régénération", cette étonnante faculté qu’on ne croyait réservée qu’aux plantes et aux animaux dits inférieurs dont la salamandre, emblème de François Ier, est le modèle familier et l’hydre le mythe redoutable. Les organismes d’animaux supérieurs et de l’homme ont-ils perdu le secret de ce pouvoir de faire revivre ou de réparer ce que l’accident ou la maladie leur a fait perdre ? L’espoir de retrouver ce secret grâce aux possibilités surprenantes des cellules souches semble permis ; encore faut-il en évaluer le prix. Cette perspective devra-t-elle être payée par le sacrifice d’embryons humains ? Axel Kahn pose la question : "quelle part respective joueront alors les cellules souches embryonnaires et les cellules souches somatiques multipotentes (lire : les cellules souches adultes) ? "

Les chercheurs se sont engagés résolument dans l’évaluation des possibilités des cellules souches adultes, une tâche d’une grande complexité : c’est en dizaines d’années que sont évalués les délais pour parvenir à une compréhension des mystères de la vie cellulaire. Mais l’ardeur des biologistes et des cliniciens n’en est que plus vive. Les perspectives de la thérapie cellulaire sont encore incertaines, mais déjà quelques résultats stimulent nos chercheurs. Ce qui est frappant c’est que les succès de la thérapie cellulaire" sont l’exclusivité des cellules souches adultes, ces "progéniteurs" dont les découvertes se multiplient. La revue Nature a publié en juin les résultats des recherches du Pr. Catherine Verfaillie dont référence a été faite plusieurs fois au cours de la journée. C’est ainsi que des publications font état de maladies (rares) du système nerveux maîtrisées, de maladies sanguines mortelles guéries, et les perspectives dans le traitement du diabète, de la sclérose en plaques ne paraissent plus totalement chimériques. Des cellules souches, on en découvre partout, non seulement dans la moelle osseuse et la plupart des tissus. Eliane Gluckman, de l’hôpital St Louis, ainsi que le pr. Domanska, généticienne polonaise, ont mis l’accent sur le sang du cordon ombilical, source précieuse de cellules souches, confirmée par des succès thérapeutiques.

On a évoqué, certes, la source de cellules souches qu’est l’embryon, mais il est frappant qu’aucune étude n’ait fait la preuve d’une application concrète chez l’homme.

La prudence incite à tempérer l’enthousiasme qui pourrait paraître excessif, tant les travaux qui restent à mener à bien sont considérables. La maladie n’est pas vaincue ; il s’en faut de beaucoup. Mais il serait temps de se convaincre de la nécessité de prendre du recul avant de laisser voter par le parlement des lois qui condamnent nos embryons au sort d’accessoires thérapeutiques alors que ces accessoires sont présents dans le corps de tout un chacun. Qu’on ne dise pas que ceux qui s’opposent à l’exploitation des embryons comme agents thérapeutiques, sinon comme cobayes, mettent en jeu la santé de l’humanité. Une réunion comme celle de Cochin peut convaincre de peu de sérieux de tels reproches.

Docteur Henri Lafont
14, rue Nicolo
75116 Paris

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