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Les recherches sur l’embryon ne sont pas nécessaires

Date de mise en ligne : 5 novembre 2009


19 mai 2009

Les recherches sur l’embryon ne sont pas nécessaires

C’est ce qu’affirme le Président du Conseil de recherche médicale en biologie reproductive du Centre de médecine régénérative à l’université d’Edimbourg, Ian Wilmut, qui a cloné en 1997 la brebis Dolly :"Avant la découverte des cellules iPS, nous essayions de dériver des cellules souches d’embryons produits par le transfert d’un noyau cellulaire du patient souffrant d’une maladie héréditaire. A ce stade, personne n’a réussi. Mais maintenant, la dé-différentiation de cellules somatiques murines (méthode du Pr. Yamanaka) a démontré que le même objectif pouvait être atteint en utilisant directement les cellules somatiques des malades. Il y a un avantage thérapeutique majeur avec les cellules iPS : elles sont génétiquement identiques au patient, permettent de modéliser des pathologies et de rechercher rapidement des médicaments pour traiter en amont les symptômes de la maladie. [...] La technique du clonage n’est donc plus une technique d’actualité. [...]La dé-différentiation de cellules somatiques n’a pas requis l’utilisation d’embryon humain car, au niveau technique, cela n’était pas nécessaire. Les premières cellules iPS ont été produites et identifiées à partir d’études sur des embryons de souris. Les gens ne réalisent pas encore qu’étudier des maladies héréditaires sur les cellules obtenues par reprogrammation cellulaire est bien plus simple et plus rapide que d’obtenir des cellules embryonnaires humaines par clonage. La technique d’obtention des cellules iPS est la plus efficace actuellement pour les chercheurs et en particulier bien sûr, pour des recherches sur les pathologies héréditaires. [...] Les cellules iPS sont plus utiles que les cellules embryonnaires".Lire :http://www.genethique.org/tribunes_...

jeudi 25 septembre 2008

Une découverte majeure sur la reprogrammation des cellules adultes L’équipe de Konrad Hochedlinger (Harvard) a publié aujourd’hui dans la revue Science une découverte essentielle pour la reprogrammation des cellules adultes en cellules souches pluripotentes (cellules iPS pour induced pluripotent stem cells). Toujours basée sur les découvertes du japonais Shinya Yamanaka, il s’agit d’introduire quatre facteurs de transcription dans des cellules différenciées afin d’induire leur reprogrammation, ou dé-différenciation. Jusque là, le vecteur utilisé pour introduire ces facteurs était un retrovirus qui insérait l’ADN codant les quatre facteurs de transcription dans l’ADN de la cellule adulte. Cela impliquait donc une expression constante de ces facteurs, et posait un problème complexe pour une éventuelle utilisation thérapeutique de ces cellules.

La nouvelle méthode décrite dans cet article fait appel à un adénovirus, une autre particule virale qui a la particularité de ne pas intégrer l’ADN dont il est porteur dans le génome de la cellule hôte. Mieux, cet ADN étranger est éliminé après quelques divisions cellulaires. Cela permet donc non seulement la reprogrammation de cellules adultes en cellules iPS, mais aussi une éventuelle redifférenciation en divers types cellulaires. En effet, ces cellules iPS ont ensuite donné des cellules de poumon, cerveau, coeur et muscle le tout sans induire de tumeur cancéreuse. Cette étude ayant été effectuée chez la souris, il faut encore confirmer ces résultats chez l’homme.

Cette avancée est un pas de géant vers l’utilisation thérapeutique des cellules iPS, comme en témoigne Robert Lanza dans le Washington Post " This is a huge step forward — it could be the breakthrough we’ve been looking for. " Témoignage fort intéressant quand on sait que Robert Lanza est un haut responsable d’Advanced Cell Technology, une des plus fameuses entreprises privées spécialisées dans les cellules souches embryonnaires... qui est en sursis à en croire un article du Boston Herald du 10 septembre ! Lire : http://albertbarrois.blogspot.com/2008/09/unedcouvertemajeure-surla.html

30 décembre 2008

La reprogrammation des cellules adultes : découverte de l’année

Comme chaque année, la revue américaine Science a publié son palmarès des 10 travaux scientifiques les plus importants de l’année. Pour l’année 2008, c’est la reprogrammation cellulaire permettant d’obtenir des lignées de cellules souches à partir de cellules adultes qui est honorée du titre de "Découverte de l’année".

Fin novembre 2007, deux équipes de chercheurs - l’une japonaise et l’autre américaine - avaient réussi à transformer des cellules de peau en cellules pluripotentes. Depuis, de nombreux scientifiques se sont lancés dans cette nouvelle voie de recherche :deux équipes ont réussi à reprogrammer en cellules souches des cellules de patients souffrant de diabète ou de la maladie de Parkinson. Ils ont ensuite pu transformer ces cellules en différents types cellulaires parmi lesquels ceux qui sont les plus affectés dans les maladies des patients donneurs.

Une équipe a réussi à transformer in vivo chez des souris diabétiques des cellules de pancréas dites exocrines, en cellules bêta, productrices d’insuline. Ces cellules pluripotentes induites constituent donc un outil majeur dans la compréhension de certaines maladies et pourraient aussi s’avérer utiles dans le test et la mise à point de traitements.

Pas besoin de tuer des embryons pour aller chercher des cellules souches...

Lire : http://www.genethique.org/revues/revues/2008/decembre/20081230.4.as