Protocole : pourquoi l’adhésion ne va pas de soi
En EHPAD, le protocole est omniprésent : toilette, traitement, soins d’escarre, gestion des chutes, change, distribution médicamenteuse, hygiène... Pourtant, de nombreux établissements constatent que leur existence seule ne garantit ni leur application, ni leur pertinence sur le terrain. Un audit de la HAS (Haute Autorité de Santé, 2023) estime que seulement 60 à 70 % des protocoles internes sont réellement suivis au quotidien, avec des différences notables selon les équipes et les moments de la journée.
Ce constat bouscule une idée reçue : ce n’est pas l’absence de protocoles qui met la sécurité du résident en péril, mais leur non-application ou la distance prise avec eux. Des protocoles bien écrits rangés dans un classeur restent lettre morte si les équipes ne les comprennent pas, ne s’y reconnaissent pas, ou s’ils sont vécus comme extérieurs à la pratique réelle.
Pourquoi cet écart ? Plusieurs facteurs convergent : surcharge de travail, perte de sens, turn-over, sentiment que certains protocoles sont « hors-sol » ou déconnectés du quotidien. Parfois, les protocoles sont perçus comme du contrôle ou de la bureaucratie, quand la logique de terrain privilégierait l’ajustement, le soin relationnel, la réactivité.
