Créer les conditions d’un partenariat fluide : anticiper, identifier, formaliser
Anticiper les besoins palliatifs
En EHPAD, l’anticipation palliative commence dès l’évaluation d’entrée. Les études montrent qu’en moyenne 80% des résidents présentent une pathologie évolutive ou terminale à leur admission (source : SFAP). Pourtant, seuls 37% des EHPAD en France déclarent recourir régulièrement aux équipes mobiles (enquête DREES, 2020). Pourquoi ? Principalement par manque d’automatisation des signaux d’alerte.
- Identifier précocement les résidents à risque : troubles de la déglutition, dénutrition, altération cognitive sévère, épisodes infectieux répétés.
- Mise en place de réunions régulières d’anticipation palliative au sein de l’équipe de soins, impliquant médecin coordonnateur et IDEC.
Identifier le moment juste pour solliciter une équipe mobile
Le temps des EMSP est compté. Les équipes mobiles n'interviennent pas pour remplacer, mais pour accompagner. Les situations justifiant leur intervention :
- Contrôle insuffisant de la douleur malgré adaptation initiale des traitements.
- Syndrome d’agonie complexe (détresse respiratoire réfractaire, agitation terminale, etc.).
- Conflit familial ou divergences professionnelles concernant le projet de fin de vie.
- Difficultés à intégrer l’accompagnement spirituel ou psychosocial dans la pratique courante.
La sollicitation de l’EMSP doit se faire en amont du dernier temps, avant que la dégradation clinique ne soit irréversible. Ce qui importe, c’est de ne jamais considérer la demande comme un aveu de faiblesse, mais comme une démarche professionnelle centrée sur la justesse des soins.
Formaliser la collaboration : communication et traçabilité
- Nommer un référent interne, souvent l’infirmier coordinateur, qui centralise la communication avec l’EMSP.
- Documenter dans le dossier du résident chaque échange, chaque préconisation : cela évite tout flottement lors des transmissions.
- Formaliser les modalités de réunion avec l’EMSP, définir la fréquence des rencontres (présentielles ou en visio, depuis le COVID-19), anticiper les points à aborder.
Un staff palliatif avec l’EMSP tous les deux à trois mois pour les situations complexes (hors urgence) peut devenir la colonne vertébrale de la démarche institutionnelle. L’intérêt ? Générer une dynamique continue et désamorcer précocement les situations de crise.